[FOCUS] Anarcin : esclavisé entre Petit-Bourg et Capesterre

Issu des archives de maître Thionville, cet extrait de l’inventaire après décès du propriétaire de l’habitation caféière dite Séné, située à Petit-Bourg, date du 19 février 1835. Il témoigne de la réalité juridique, économique et humaine de l’esclavage dans les colonies françaises avant son abolition définitive de 1848.
À travers la vente d’un homme nommé Anarcin, âgé de quarante et un ans, il révèle la manière dont les personnes réduites en esclavage étaient considérées comme des biens pouvant être vendus, échangés ou transmis.

L’acte mentionne qu’Anarcin est vendu par l’intermédiaire de représentants légaux liés aux « mineurs de Repentigny ». La transaction est réalisée au profit de M. Constant, propriétaire habitant au quartier de la Capesterre, pour la somme précise de huit cent quatre-vingt-onze francs et quatre-vingt-neuf centimes, payée comptant. Cette précision financière souligne le caractère marchand du système esclavagiste, où la valeur d’un être humain était évaluée comme celle d’un bien matériel.

Cette vente est motivée par les difficultés financières de M. de Mignard pour subvenir aux besoins de sa « nombreuse famille ». Cette justification illustre la place centrale de l’esclavage dans l’économie coloniale : les personnes esclavisées constituaient un capital mobilisable en cas de difficultés financières.

L’acte contient aussi un jugement porté sur Anarcin, qualifié de marronneur et de « mauvais sujet ». Le marronnage étant considéré comme un acte de fuite, une menace à l’ordre établi.

Détail de l’inventaire après décès de l’habitation Séné située à Petit-Bourg, établi par le notaire Thionville,  février 1835. Arch. dép. Guadeloupe, 2 E 11/42.

 

Publié le 12 juin 2026

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