[FOCUS] La Soufrière et la prison de Basse-Terre en 1956

Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1956, la Soufrière s’est réveillée par une éruption phréatique. Le 26 octobre, le sous-directeur chargé de la direction des prisons de la Guadeloupe adresse un courrier au Préfet. Les « bruits alarmants » laissent craindre une reprise imminente de l’activité volcanique, et une question délicate s’impose. Que faire des 120 détenus enfermés dans la maison d’arrêt de Basse-Terre si le volcan venait à menacer la ville ?

Le responsable pénitentiaire demande des instructions afin de savoir comment agir si une évacuation devenait nécessaire. Il y précise les dispositions qu’imposerait cette procédure, estimant nécessaires cinq grands camions pour le transfert des détenus vers Pointe-à-Pitre, accompagnés d’une escorte renforcée de gendarmes ou de CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité). Conscient que la catastrophe pourrait survenir sans laisser le temps d’organiser une évacuation, il ajoute que si le danger devenait immédiat, les portes de la prison seraient ouvertes, pour offrir aux détenus une « chance de salut ». Si l’inquiétude est suffisamment forte pour envisager l’évacuation de la maison d’arrêt, la situation se stabilise rapidement et celle-ci n’a finalement pas lieu.

Courrier concernant une éventuelle évacuation de la maison d’arrêt de Basse-Terre, 26 octobre 1956.  Arch. dép. Guadeloupe, SC 2407/1.

 

Publié le 28 juillet 2026

Retour aux actualités